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Dossier: La voiture star à l’écran

Par Benoit Dehon

Depuis le début du vingtième siècle, la voiture tient une place particulière dans la société. Souvent en rapport avec la classe sociale ou les moyens financiers de son propriétaire, elle est devenue au fil du temps un élément incontournable de la vie quotidienne. A notre époque, tout le monde possède sa voiture et l’expression « dis-moi avec quoi tu roules, je te dirai qui tu es » est encore souvent d’application, même si les temps ont bien changé.
A l’écran, on s’aperçoit que la voiture occupe une place i
mportante dans bien des cas. Soit comme partenaire privilégiée de l’un des personnages, soit comme héroïne d’un film, soit comme outil de merchandising. Bien souvent, c’est la voiture qui permet au (télé)spectateur de rétablir le lien avec un film, un acteur ou un héros de fiction.
Après quelques se
maines passées à fouiller dans des revues et sur le « web », et surtout à vérifier la cohérence de données récoltées, après avoir visionné quelques cassettes et m’être trituré la mémoire, j’ai essayé de faire un inventaire non exhaustif mais assez précis de ces bêtes de scène qui nous ont fait vibrer au travers de séries télévisées et autres films, récents ou anciens, pour la plupart anglo-saxons. Certaines dans le rôle de vedette, d’autres de façon plus anonyme, en mettant l’accent sur leur exclusivité – rubrique oblige, leur rôle, et leurs caractéristiques techniques ou esthétiques.

Les séries télévisées américaines

Commençons par la plus célèbre des ricaines... Tout le monde pourrait s’attendre à ce que cette première place revienne à la Ford Gran Torino 1974-76 rouge « tomate » à bandes blanches du détective David Starsky (Paul Michael Glaser) dans la série « Starsky & Hutch » (1975-79). Avec son gros V8 400 cubic inches, elle n’aura laissé personne indifférent au rythme de crissements de pneus et autres virages à l’équerre dans les rues de Los Angeles. Elle fait partie intégrante du paysage audio-visuel depuis les années septante.
Certains auraient pu s’i
maginer que cette position de choix revienne à « K.I.T.T. » (Knight Industries Two Thousand), la curieuse Pontiac Firebird Trans-Am 1982 modifiée conduite par David Hasselhoff (alias Michael Knight) dans la série « Knight Rider » (1982-86, « K-2000 » en français). Affublée d’appendices aérodynamiques plus ou moins discrets, d’enjoliveurs très « plastique » et surtout de son œil scanner (accessoire faisant encore fureur chez certains adeptes du tuning de mauvais goût), ce « bolide » noir intelligent, toute vedette qu’il est, n’est pas un modèle de réussite esthétique. Même si on en parle encore.
Restons dans le ca
mp des bizarreries. De 1983 à 1986, la télé américaine produit « Hardcastle & McCormick » (« Le Juge et le Pilote » en français) avec pour héroïne, aux côtés du juge en baskets (Brian Keith, alias Milton G. Hardcastle) et du pilote en liberté conditionnelle qu’il héberge (Daniel Hugh-Kelly, alias Mark « Skid » McCormick), la Cody Coyote, véhicule de sport hybride en kit, au toit Targa, et monté sur un châssis VW. Une DeLorean modifiée viendra ensuite remplacer l’exemplaire initial.
Et si c’était une française? Presque aussi connue que son propriétaire, la Peugeot 403 Grand Luxe Cabriolet 1959 grise du Lieutenant Colu
mbo (Peter Falk) est un institution à elle toute seule: portière bloquée, capote déchirée, klaxon ramolli, sièges abîmés, peinture passée, carrosserie bosselée, rétroviseur cassé… Tout y est, même le gros toutou-saucisse fainéant qui y loge parfois et qui renforce encore plus le caractère cocasse et chaotique de l’engin (« Columbo », 70 téléfilms de 1971 à 2000).
La vraie vedette au hit parade est de couleur « Hugger Orange », son V8 440 c.i. fait un bruit d’enfer, ses travers et ses sauts de l’ange dans la ca
mpagne du Sud sont inoubliables. Il s’agit de « General Lee », la Dodge Charger conduite pas les cousins Bo et Luke Duke (John Schneider et Tom Wopat) dans la série « The Dukes of Hazzard » (1979-85, « Sheriff, fais-moi peur! » en français). Millésime 1969, décorée d’un drapeau sudiste sur son toit et du numéro 01 sur ses portières soudées, elle fut souvent la cible du sheriff Rosco P. Coltrane et de ses acolytes maladroits. Autre vedette de la série, mais dans un autre registre, l’aguichante cousine Daisy – incarnée par l’actrice Catherine Bach (tout le monde se rappelle son short en jean’s trop court) – roule en Plymouth Road Runner 1972 jaune à bandes noires dans les premiers épisodes, pour passer vers une plus conventionnelle Jeep CJ-7 ensuite.
Continuons l’inventaire des séries des eighties et soulignons la Ford Thundebird 1957 rouge de Dan Tanna (Robert Urich) dans « Vega$ » (1978-81), l’i
mposant van GMC G-Series de Barracuda (Mister T) dans « The A-Team » (1983-87, « L’agence tous risques » en français) et la Ferrari 308 GTSi 1980-85 du détective Thomas Magnum (dans la série « Magnum, P.I. », 1980-88) – qui a du être légèrement modifiée afin que l’immense Tom Selleck puisse s’y loger.
Sans intérêt réel, notons égale
ment les trois Ford des filles dans « Charlie’s Angels » (1976-81, « Drôles de Dames » en français), la seule voiture digne d’intérêt (et encore!) étant le coupé Mustang Cobra II 1976 blanc de Jill et Kris Munroe (Farraw Fawcett et Cheryl Ladd).
Restons dans l’ère disco avec les patrouilleurs de « CHiPs » (1977-83) qui poursuivent les
méchants sur de superbes motos Kawasaki Z-1 R, le sergent Frank Poncherello (Erik Estrada) possédant quant à lui comme véhicule privé une Pontiac Trans-Am (achetée 83 dollars) de couleur bronze un rien kitch.
Poursuivons avec la Ply
mouth Volaré et la Mini Moke du curieux Monsieur Roarke (Ricardo Montalban) et du nain Tattoo (Hervé Villechaize, qui s’est suicidé en 1993 alors qu’il avait à peine 50 ans) dans « Fantasy Island » (1978-84, « L’Île Fantastique » en français) et, plus proche de nous, avec une des séries phares de la deuxième partie des eighties: « Miami Vice » (1984-89, « Deux flics à Miami » en français). Habillé en Boss et Versace, les détectives James « Sonny » Crockett (Don Johnson) et Ricardo « Rico » Tubbs (Philip Michael Thomas) se farcissent des belles mécaniques (au sens propre du terme, cette fois): dans les premiers épisodes, Crockett roule en Ferrari Daytona Spyder noire (réplique à châssis et mécanique de Corvette?) tandis que Tubbs déambule dans les rues de Miami en Cadillac Coupé DeVille Convertible 1963 bleue. Plus tard (saisons 3 à 5), c’est à une Ferrari Testarossa 1984-86 blanche – qu’il aurait récupéré à la fourrière? – que Crockett donne la réplique.
Revenons un peu dans le te
mps avant de passer aux séries européennes… David Vincent les a vus… Dans le premier épisode de « The Invaders » (1967-68, « Les Envahisseurs » en français), le héros contrarié (incarné par Roy Thinnes) circule à bord d’une Ford Galaxie 500 Convertible 1966, alors que, dans les épisodes suivants, ces curieux personnages venus d’ailleurs rôdent à bord d’une Ford Fairlane et d’une Lincoln Continental.
De 1967 à 1975, Joe Mannix (interprété par Mike Connors dans la série « Mannix ») a l’opportunité de rouler dans diverses autos: pendant la pre
mière saison, il roule dans une très originale Oldsmobile Toronado 1966 grise transformée en convertible pour l’occasion; il conduit des Dodge Dart (millésimes 1968 et 1969) lors des deuxième et troisième saisons, des Plymouth Barracuda Convertible (millésimes 1970, 71 et 72) lors des saisons 4, 5 et 6, une Dodge Challenger Coupé Hardtop 1973 lors de la septième saison, pour prendre sa retraite bien méritée en 1975 au volant d’une Chevrolet Camaro.
Retenons encore les Ford Mercury très « classe » du détective Steve McGarrett (Jack Lord) dans la série « Hawaii Five-O » (1968-80, « Hawaii Police d’Etat » en français). Trois
modèles furent utilisés durant la vie de la série: d’abord une Parklane Brougham 4-door hardtop V8 428 c.i. 1968, une Marquis 2-door 1967 à intérieur rouge, et enfin, à partir de 1974, une Marquis Brougham 4-door hardtop 1974. Jack Lord meurt en 1998 à l’âge de 78 ans des suites de problèmes cardiaques aigus.
Clôturons ce chapitre avec « The Love Bandit », la Ford Sedan 1952 « Hot Rod » – acquise illégale
ment – et vendue pour $200 par Fonzie à Richie Cunningham dans l’épisode 18 de « Happy Days » (1974-84, « Les Jours Heureux » en français).

Les séries télévisées britanniques
En Europe, outre manche, les séries cultes ne manquent pas. Les principales d’entre elles incorporent certaines voitures fétiches dans leur distribution.
Au nu
méro un du box-office, on retrouve la Volvo P1800 1961-69 de Simon Templar dans la première série de « The Saint » (1962-69, « Le Saint » en français). Outil de merchandising pour la firme suédoise au Royaume Uni et sur le continent, le charmant petit coupé blanc immatriculé « ST 1 » sied à merveille avec le héros qui, et c’est un comble, ne roule pas en anglaise (Jaguar ayant décliné la proposition des producteurs d’ITC à l’époque!). Lacune comblée dans la deuxième série (1978-80) où le pâle Ian Ogilvy (succédant à Roger Moore) roule en Jaguar XJS V12 1977 blanche.
Roger Moore, actif égale
ment dans la série « The Persuaders » (1971-72, « Amicalement vôtre » en français) dans le rôle de Lord Brett Sinclair, roule dans une Aston Martin DBS 6 cylindres 1967-72 de couleur caramel immatriculée « BS 1 ». Son acolyte, l’homme d’affaires américain Daniel « Danny » Wilde (Tony Curtis) se déplace quant à lui à bord d’une racée Dino 246 GT 1969 de couleur « soupe aux tomates ». Toujours dans la même série, pour l’anedocte, on trouve la Rover P5B 1971 blanche du Juge Felton (Laurence Naismith).
Produite en 1967-68 par Patrick McGoohan, qui y tient d’ailleurs le rôle d’acteur principal (il est le « nu
méro 6 »), la série « The Prisoner » (« Le Prisonnier » en français, 17 épisodes) est l’une des plus intéressantes et des plus avant-gardistes de sa génération. On y aperçoit furtivement McGoohan conduisant une Lotus Super Seven Mk VII 1960 dans une livrée classique: british racing green avec bandeau jaune entourant le museau. Au « village », de nombreuses Mini Moke blanches sont utilisées par les habitants comme taxis.
De grands collectionneurs d’autos (toutes anglaises, évide
mment) furent l’agent John Steed du MI-5 (interprété par Patrick Macnee) et ses charmantes et sportives partenaires au cours des 7 saisons (britanniques) et 161 épisodes de « The Avengers » (1961-69, « Chapeau Melon et Bottes de Cuir » en français). De 1961 à 1969, Steed change régulièrement de monture. Avec la classe – un peu surfaite – du gentleman, il roule majoritairement en Bentley Vintage de différents modèles et millésimes: 3 litre 1926, Speed-Six 1926 (la plus utilisée), Green Label 1928, 4½ litre 1930. On le verra également au volant d’une Vauxhall 30/98 et d’une Lagonda 1930, mais aussi à celui d’une Rolls-Royce Silver Ghost 40/50 1923 et de sa petite cousine New Phantom Tourer MkI 1927. Plus modernes, utilisées dans quelques épisodes seulement, on trouve une rare AC Greyhound 1959-63, une populaire Triumph Herald 1959-67, et surtout une rarissime AC 428 « Spider » 1965 de couleur marron, premier exemplaire d’une série de 20 produits à Turin par Pietro Frua. Steed la cèdera vite à la délicieuse Tara King (interprétée par Linda Thorson, 1968-69). Les charmantes partenaires de Steed se déplacent toujours en voiture de sport: Catherine « Cathy » Gale (interprétée par Honor Blackman de 1962 à 1964 – que l’on retrouve dans « Goldfinger » dans le rôle de Pussy Galore) a droit à une MGA Roadster Mk II 1961-62 jaune pâle tandis qu’Emma Peal (incarnée par Diana Rigg de 1965 à 67) roule en Lotus Elan S2 blanche de 1964 puis en Lotus Elan S3 bleu métallisé de 1966. Outre l’AC 428 Spider, Tara King utilise une Lotus Elan +2 1968 rouge lors d’un seul épisode, mais également et surtout une Lotus Europa S2 1967 rouge.
Dans la seconde série (« The New Avengers », 1976-77, deux saisons de 13 épisodes), Steed est épaulé par la ravissante Purdey (Joanna Lu
mley) et par le séduisant Mike Gambit (Gareth Hunt). De cette série, on ne retiendra que l’intéressant Coupé Jaguar XJ12C 5.3 body-buildé de Steed.
Plus réce
mment, le très cultivé Chief Inspector Morse (interprété par l’excellent John Thaw, décédé en 2002 de suites d’un cancer de l’oesophage) se déplace dans sa région d’Oxford en Jaguar Mk II 2.4 litre 1960 bicolore (carrosserie rouge foncé et toit en vinyl noir) immatriculée « 248 RPA » (série: « Morse », 33 téléfilms de 1987 à 2000). Au Royaume Uni, cette auto est quasiment aussi célèbre que le coupé Volvo du Saint.
Ter
minons en mentionnant la Chrysler Imperial Crown 1966 de Britt Reid (« The Green Hornet », dans la série du même nom, 1966-67) et de son assistant Kato (Bruce Lee), la Jensen CV8 Mk III 1965 immatriculée « BAR 1 » du « Baron » John Mannering interprété par Steve Forrest (série « The Baron », 1966-67), et l’implacable Austin Mini vert pomme à capot noir de Mr Bean (Rowan Atkinson).

“My name is Bond… James Bond”
L’agent secret 007 de Ian Fleming est la première personne à qui l’on pense lorsqu’il s’agit de trouver un héros de film ayant un partenariat privilégié avec sa voiture. Et la voiture associée à Bond – même s’il en eut quelques unes au cours de l’histoire – est l’Aston Martin DB5 1964 gris métallisé qui apparaît pour la première fois dans « Goldfinger » (1964).
De « Dr. No » à nos jours, tentons de lister les voitures ou véhicules « phares » ayant
meublé la vie agitée de l’espion britannique du MI-6.
Dans « Dr. No » (1962), Sean Connery (le pre
mier James Bond de l’histoire) est au volant d’une Sunbeam Alpine 1961 bleue sur une petite route montagneuse de Jamaïque lorsqu’il est pris en chasse par des méchants à bord d’une Packard d’avant-guerre - ladite Packard terminant finalement et logiquement sa route dans le ravin. Outre la Sunbeam, notons la belle Chevrolet Bel Air Convertible 1957 noire conduite par un pseudo chauffeur attaché au gouvernement réceptionnant Bond à sa sortie de l’aéroport de Kingston.
Tout au début de « Fro
m Russia, With Love » (1963, « Bons baisers de Russie »), Bond apparaît au volant d’une Bentley 4½ litre Sports Tourer chère à Ian Fleming. Plus tard, il est convoyé dans Istanbul dans une Rolls Royce Phantom V 1959 noire ainsi qu’à bord d’une Ford Fairlane Station Wagon 1960.
Vient ensuite la référence « Goldfinger » (1964). Après quelques hésitations de la part de la production, décision est prise pendant une visite à l’usine Aston Martin de Newport Pagnell: c’est la puissante DB5 Coupé gris
métallisé (« silver birch ») immatriculée « BMT 216A » qui va accompagner Bond durant une bonne partie du film. L’auto est truffée de gadgets tels l’écran pare-balles en acier protégeant la lunette arrière, le nuage de fumée se dégageant des pots d’échappement, trois différentes plaques minéralogiques (Grande-Bretagne, France et Suisse), un dispositif crachant de l’huile du bas de la face arrière, des scies circulaires sortant des jantes, des mitraillettes cachées derrière les feux de position avant, un écran radar caché dans la console centrale, et surtout le fameux siège éjectable et sa partie de toit amovible. Prise en chasse par une armada de Mercedes 220 Saloon noires, elle termine – temporairement – sa carrière dans un mur. Quatre véhicules furent construits: deux furent utilisés pour le film, les deux autres pour la promotion. Un autre véhicule emblématique du film est la Rolls Royce Phantom III 1937 noire et jaune d’Auric Goldfinger (Gert Fröbe) conduite par Oddjob, son curieux valet asiatique. Pour l’anecdote, au début du film, Bond est pris en charge à l’aéroport par Oddjob et conduit au ranch de Goldfinger en Ford Country Squire Station Wagon 1964 rouge avec panneaux latéraux en imitation bois. On retrouvera encore la DB5 dans « Thunderball » (1965) – où Bond est poursuivi par la Ford Skyliner 1957 noire d’un agent de SPECTRE, dans « GoldenEye » (1995) et dans « Tomorrow Never Dies » (1997, « Demain ne meurt jamais »).
Dans « Thunderball » (1965), outre la DB5, notons la Lincoln Continental 4-door Convertible 1956 bleue à toit blanc utilisée par 007 co
mme voiture de location.
Au salon de Tokyo 1965, Toyota crée la surprise en dévoilant le coupé 2000 GT: 2 litres, 6 cylindres en ligne, double arbre à ca
mes, boîte de vitesses à 5 rapports, 4 freins à disque, 4 roues indépendantes, 150 CV, 220 km/h. Environ 350 exemplaires sont produits de 1965 à 1967. En 1967, en deux semaines de temps, deux 2000 GT « roadster » furent spécialement créées pour le film « You Only Live Twice » (1967, « On ne vit que deux fois ») afin de pouvoir y loger le grand acteur écossais et faciliter les prises de vue. Equipés également de gadgets (notamment des caméras planquées derrière les porte-plaque avec retransmission sur écran couleur dans l’habitacle, et un téléphone sans fil), ces deux cabriolets 2000 GT sont des pièces de musée, au même titre que l’Aston DB5 et que la Lotus Esprit 1977.
En 1969, on a déjà droit au 5è
me film relatant les aventures de James Bond: « On Her Majesty’s Secret Service » (« Au service secret de sa majesté »). C’est l’acteur australien George Lazenby qui succède à Sean Connery en tant que 007. Ce sera un one shot. Au début du film, Bond sauve sa future épouse (interprétée par Diana Rigg alias Teresa Di Vicenzo) en Aston Martin DBS 6 cylindres 1969 vert foncé. On retrouve Teresa dans quelques séquences du film au volant d’une superbe Ford Mercury Cougar Convertible 1968 de couleur rouge. Teresa sera abattue d’une balle dans la tête, les coups de feu provenant de la Mercedes 600 Limousine du terrible Ernst Stavro Blofeld (interprété pour l’occasion par Telly Savallas) et étant l’œuvre de la néfaste Irma Bunt (Lise Steppat).
Sean Connery reprend le fla
mbeau en 1971 pour la dernière fois dans « Diamonds Are Forever » (« Les diamants sont éternels »). La première voiture significative du film est la Triumph Stag V8 1970 de couleur « cumin » de Peter Franks (interprété par Joe Robinson). Un autre véhicules marquant le film est le Moon Buggy avec lequel Bond s’échappe d’une usine et traverse une partie du désert pour rejoindre Las Vegas.
« Live And Let Die » (1973, « Vivre et laisser
mourir ») est le premier film de Roger Moore dans la peau de 007. Il y en aura 6 autres. Dans ce film, rien de grandiose n’est à se mettre sous la dent en ce qui concerne les belles autos, si ce n’est l’une ou l’autre Chevrolet Impala et une Mini Moke. Retenons la course folle du bus à impériale conduit par Bond, tentant d’échapper – en compagnie de la délicieuse « Solitaire » (Jane Seymour) – aux sbires du Dr. Kananga.
Un an plus tard sort « The Man With The Golden Gun » (1974, « L’homme au pistolet d’or »). La scène à ne pas manquer est la grosse cascade du film: Bond, au volant d’une AMC Hornet 1974 rouge, saute un large canal de Bangkok à partir de la rampe d’un pont détruit, la voiture faisant un « 360 degrés » latéral avant de retomber sur l’autre berge. A noter l’AMC Matador transformée en avion de Francisco Scaramanga (incarné par Christopher Lee) et la MGB jaune de Miss Mary Goodnight (Britt Ekland).
En 1977, dans « The Spy Who Loved Me » (« L’espion qui
m’aimait »), la véritable vedette n’est ni Roger Moore, ni Curt Jurgens (alias Karl Stromberg) mais bien… la Lotus Esprit blanche de 007 qui se convertit en sous-marin. Millésime 1977, livrée en Sardaigne par « Q » (Desmond Llewelyn, décédé en 1999 dans un accident de la route à l’âge de 85 ans, 17 films à son actif), Bond l’utilise d’abord pour échapper aux hommes de Stromberg, avant de plonger dans l’océan. En plus d’être un sous-marin, elle est équipée de gadgets tels un écran de fumée (terre et mer), un périscope, des torpilles, missiles et autres mines. Au box-office, elle arrive presque à la hauteur de l’Aston Martin DB5.
Après l’épisode « Moonraker » de 1979, on retrouve encore la Lotus Esprit,
mais en version Turbo cette fois, dans « For Your Eyes Only » (1981, « Rien que pour vos yeux »). La blanche s’auto-détruira sur l’ordre de Bond. L’autre, rouge, surmontée de 2 paires de skis, ne joue aucun rôle signifiant. Par contre, la Citroën 2 CV jaune de la belle Melina Havelock (incarnée par Carole Bouquet) se fait bien remarquer par sa course folle et ses tonneaux alors que Bond et Melina tentent d’échapper aux vilains.
Rien de bien intéressant dans « Octopussy » (1983) si ce n’est la Mercedes 600 Pull
man (à 6 portes et 3 rangées de sièges) et la Rolls-Royce Phantom III de Kamal Khan (incarné par Louis Jourdan).
De « Never Say Never Again » (1983, « Ja
mais plus jamais ») à « Die Another Day » (2002, « Meurs un autre jour »), peu est à raconter. Dans « Never Say Never Again », l’excentrique Fatima Blush (Barbara Carrera) est au volant d’une intéressante Renault 5 Turbo 2 rouge de 1983, et les agents de SPECTRE poursuivent 007 à bord de Chevrolet Camaro SS 1981.
Dans « A View To a Kill » (1985), on re
marque la Rolls-Royce Silver Cloud 1962 de Tibbet, qui est en fait la voiture personnelle du producteur « Cubby » Broccoli himself.
Ti
mothy Dalton (le 4ème James Bond) utilise deux Aston Martin V8 1984 dans « The Living Daylights » (1987): une décapotable « Volante » et une « Vantage » fast-back truffée de gadgets (réacteur, pneus à clous, vitres pare-balles, radio-espion, rockets, lasers latéraux…) lui permettant de s’enfuir de Bratislava avec la belle violoniste Kara Milovy (Maryam d’Abo) en traversant notamment un lac gelé. La voiture s’auto détruira à la fin de la poursuite.
La dernière génération de fil
ms – avec Pearce Brosnan dans le rôle de 007 – est envahie par le merchandising: d’abord BMW et ensuite le Groupe Ford financent chaque film en introduisant certains modèles phares tels les modernes BMW Z3 et Z8, Aston Martin Vanquish et Jaguar XKR convertible. De la belle auto, c’est sûr, dont on reparlera dans 20 ans!

Les road movies

« Road movie »: expression désignant un genre cinématographique où le lieu de l'intrigue est la route elle-même et pas les lieux qu'elle traverse. En voici quelques uns des plus intéressants.
Co
mmençons par un coup de cœur… En 1991 sort sur les écrans « Thelma & Louise », mis en scène par Ridley Scott. Voulant quitter leur Arkansas ennuyeux pendant un week-end, les copines Thelma Dickinson (Geena Davis) et Louise Sawyer (Susan Sarandon) partent « prendre l’air » à bord de la Ford Thunderbird Convertible 1966 verte de Louise. Thelma, sous l’emprise de l’alcool, est presque violée sur un parking de dancing lorsque Louise abat son agresseur d’un coup de feu. N’ayant « plus rien à perdre », les deux femmes décident de fuir de façon chaotique vers le Mexique. Malgré l’empathie du policier chargé de l’enquête, finalement cernées par la police, elles préfèrent la mort comme issue.
En 1971, Steven Spielberg réalise son pre
mier « gros » film, mettant en scène le représentant de commerce David Mann (Dennis Weaver) traversant le désert californien à bord de sa peu fiable Plymouth Valiant 1970 rouge, et un terrible camion-citerne Peterbilt 351 1956 spécialement choisi pour sa laideur et sa proue agressive. Poursuivi pendant tout le film on ne sait pour quelle raison par ce camion tueur (dont on n’aperçoit jamais le visage du chauffeur), Mann réussit finalement à le faire plonger dans le ravin. « Duel » fut couronné par le Grand Prix du 1er Festival du Film Fantastique d’Avoriaz en 1973.
Dans un tout autre registre, dans « Le Corniaud » (de Gérard Oury, 1965), l’ho
mme d’affaires Léopold Saroyan (Louis de Funès) propose à Antoine Maréchal (Bourvil) de ramener la Cadillac DeVille Convertible 1964 blanche d’un « ami » américain de Naples à Bordeaux pour se faire pardonner d’avoir ruiné ses vacances après avoir embouti sa Citroën 2CV avec sa Rolls Royce Silver Cloud 1964. Le chargement de la Cadillac étant précieux et inconnu de son chauffeur occasionnel, Saroyan escorte discrètement la voiture pendant tout le voyage à bord d’une Jaguar Mk II 1963 verte, tout comme Mickey « le bègue » (Venantino Venantini) – membre d’une organisation parallèle tentant de dérober la Cadillac – dans son Austin Healey 3000 1961 rouge. Sans oublier la présence de la petite Autobianchi Bianchina Eden Roc jaune du coiffeur sicilien jaloux. Bourvil s’éteint en 1970, à l’âge de 53 ans, des suites de la Maladie de Kahler (maladie de la moelle osseuse entraînant la formation de tumeurs osseuses). Louis De Funès succombe à une attaque cardiaque en janvier 1983 à l’âge de 69 ans.
Ayant saisi l’opportunité d’étaler ses dons dans un clinique de chirurgie esthétique de Los Angeles, Ben Stone (incarné par Michael J. Fox) quitte New York et traverse les Etats-Unis à bord de son Speedster Porsche 356A 1957-59 bordeaux  (« Doc Hollywood », 1991, de Michael Caton-Jones). Arrivé dans le conté de Grady, il est conda
mné à quelques heures de travail d’intérêt commun à l’hôpital du village par le juge local suite à un accident de la route. Il tombe finalement amoureux de la région et de la charmante conductrice d’ambulance locale. L’acteur Michal J. Fox souffre depuis quelques années de la maladie de Parkinson.
En 1969, « Easy Rider » de et avec Dennis Hopper est l’e
mblême de la génération hippie des sixties. Au guidon de leurs deux « Choppers » (Harley Davidson Panheads 1951 modifiées), « Captain America » Wyatt (Peter Fonda) et Billy (Dennis Hopper) se rendent au carnaval de la Nouvelle-Orléans avant de traverser l’Amérique (profonde) en compagnie de George Hanson (Jack Nicholson). Sur leur route, ils rencontrent une communauté hippie, mais ils sont surtout les témoins des bassesses d’une grande partie de la population par rapport à l’évolution des mœurs et des modes de vie. Ils seront assassinés par des « Red Necks ».
Lorsqu’il apprend le décès de son père, Charlie Babbitt (incarné par To
m Cruise dans « Rain Man », 1988) se rend en Ohio pour les formalités d’héritage. Sur place, il apprend que son père a légué sa fortune à son frère Raymond (Dustin Hoffmann) atteint d’autisme. Comme seul héritage, il reçoit une superbe Buick Roadmaster 1948-49 de couleur « crème », dans laquelle il emmènera son frère et apprendra à l’aimer.
1971, en plein dans l’ère des « Muscle Cars ». Richard C. Sarafian réalise « Vanishing Point » (« Point li
mite zéro » en français) mettant en scène un ancien flic pilote de course nommé Kowalski (interprété par Barry Newman). Devenu livreur de voitures à Denver, il doit livrer une belle Dodge Challenger RT/10 1970 blanche à San Francisco en moins de 15 heures. Il tente le pari de traverser une partie des USA à grande vitesse. Poursuivi par une armada de policiers et aidé par un DJ aveugle excentrique répondant au surnom de « Super Soul », l’aventure se termine tragiquement. A noter, la présence dans le film de quelques belles autres américaines.
Dans « Les Valseuses » (1974, de Bertrand Blier), les deux crapules que sont Jean-Claude (Gérard Depardieu) et Pierrot (Patrick Dewaere) sillonnent les routes de France – en co
mpagnie de Marie-Ange, une jeune coiffeuse frigide interprétée par Miou-Miou – en y répandant délinquance et violence. De port en port, ils voleront, emprunteront ou utiliseront diverses autos telles une Citroën 2CV 1958 grise, une Citroën DS 23 1973 verte, une Ford Falcon Sedan 1960 bleu-vert, une Citroën Traction, une Morgan 4/4 blanche et même une Rolls-Royce Corniche. Patrick Dewaere se suicide en 1982 alors qu’il n’a que 35 ans.
Ter
minons la rubrique avec un des plus célèbres et spectaculaires road movies. Les mots ou expressions « Interceptor », « Aigle de la Route », « Désert », « Poursuite », « Violence » et « Lignes droites interminables » rassemblés évoquent un seul prénom: Max.
En 1976, Byron Kennedy et George Miller dirigent la pré-production du pre
mier film d’une triologie australienne: « Mad Max ». Sorti en 1979, ce film= > à petit budget devient un culte, mettant en scène un policier idéaliste au sang-froid nommé Max Rockatanky, patrouillant sur les highways désertiques en essayant d’y faire régner une relative tranquillité malgré les motards fous qui y sèment la panique. Piqué au vif par Goose (surnommé « Le Gorille » en français), l’ami et collègue de Max, les hors-la-loi s’en prennent à lui et surtout à la famille de Max après que ce dernier ait causé la perte de leur leader, « The Nightrider ». Animé par le désir de vengeance, Max reprend du service au volant de l’autre vedette du film: « l’Interceptor », une Ford Falcon Coupé XB GT V8 351 c.i. 1973 noire totalement modifiée pour la circonstance – les modifications majeures concernant la face avant spécifique, l’impressionnante protubérance mécanique sortant du capot, et des appendices aérodynamiques supplémentaires. A côté de l’Interceptor, voici une liste de voitures (pour la plupart modifiées) que l’on retrouve dans le film: Ford Falcon XB Sedan V8 302 c.i. 1974 jaune (« Pursuit », utilisée par des patrouilleurs de la MFP), Ford Falcon XA Sedan 6 cyl. 1972 jaune (« Interceptor », utilisée par des patrouilleurs de la MFP), Ford Falcon XB Sedan V8 351 c.i. 1974 jaune (« Interceptor », utilisée par Max et Goose), Holden HQ LS Monaro 2-door 1972 (conduite par le « Nightrider » - « l’Aigle de la Route » en français), Chevrolet Impala 1959 Hot-Rod (détruite à coups de haches par le gang de Toe-Cutter), et le van/break Holden HJ Sandman 1975 rouge de la famille Rockatansky.
Né aux USA, australien d’adoption, repéré par hasard par les producteurs, Mel Gibson interprète là son pre
mier film. Deux autres « Mad Max » suivront.
Dans « Mad Max 2 – The Road Warrior » (1981), Max aide une petite co
mmunauté à se défendre contre une armada de dingues motorisés assoiffés de carburant dans un décor post-guerre nucléaire. On retrouve un série de véhicules curieux aux côtés de l’Interceptor : (Ford) LTD Landau Coupé V8 (poursuivant l’Interceptor), camion Mach R600 Coolpower (conduit par Max pour faire diversion), le Gyrocopter de « Captain Gyro » (sorte de petit hélicoptère piloté par un curieux personnage), l’énorme et curieux véhicule découvert bimoteur de l’affreux « Papagallo », diverses Ford australiennes customisées ou non (Fairlane et Falcon), plusieurs Valiant Charger VH Coupé dont une « 1973 » qui terminera sa carrière après un saut de l’ange, et une série d’utilitaires Ford F100 transformés à gogo.
Dans « Mad Max 3 – Mad Max Beyond Thunderdo
me » (1985), les véhicules ont perdu leur place privilégiée et rien de bien excitant n’est à relater dans ce domaine. A noter que dans les trois films, la majorité des motos sont des Kawasaki modifiées.

Les grands classiques

Si les Road Movies passent pour être naturellement un genre cinématographique où les véhicules occupent souvent une place de premier choix, il arrive aussi que des classiques incontournables du grand écran mettent un ou plusieurs véhicules en exergue. Ceci devenant une évidence quand le merchandising y joue un rôle stratégique.
Certaines voitures sont elles-
mêmes les « personnages » principaux. En 1983, sur base du livre de Stephen King portant le même nom, John Carpenter réalise « Christine ». Christine est une Plymouth Fury 2-door 1958 rouge et blanc qu’un adolescent (Arnie Cunningham, incarné par Keith Gordon) entreprend de restaurer pour l’idolâtrer ensuite. Une vraie complicité démoniaque s’installe entre cette voiture ensorcelée et son propriétaire, aux détriments des amis d’Arnie. Avec suspense et horreur au menu.
En 1968 co
mmence une mini-saga. Celle d’ « Herbie » (« Choupette » en français). « Herbie » est une Volkswagen Coccinelle Sedan 1963 animée d’une âme bienfaitrice. « The Love Bug » (1968, « Un amour de Coccinelle ») est le premier film – produit par Disney – à mettre en scène la petite voiture blanche (« pearl white » est la dénomination exacte de la teinte). Elle est la possession d’un jeune pilote de course en quête de victoires et d’affection (interprété par Dean Jones, alias Jim Douglas). Avant de participer à sa première course, elle reçoit – pour toujours – son célèbre numéro 53. Bon nombre de belles voitures meublent la scène: Ferrari 250 GT, Lamborghini 400 GT, Jaguar Type E, Triumph TR4 etc. ainsi que la « Thorndike Special » jaune à bande noire, bolide appartenant à un rival direct d’Herbie et de son équipage, et qui n’est en fait qu’une (Buick) Apollo 3500 GT propulsée par un V8 d’origine Buick. Quatre autres films (« Herbie Rides Again » en 1974, « Herbie Goes to Monte-Carlo » en 1977, « Herbie Goes Bananas » en 1980, « Herbie : Fully Loaded »  en 2005) et le téléfilm « The Love Bug » (1997) suivront, manifestement moins bouillants que l’original. A noter la liste d’autos intéressantes dans « Herbie Goes to Monte-Carlo »: BMW 3.0 CS, Lancia Beta Monte-Carlo, Fiat Dino Coupé, Lancia Stratos, Lancia Fulvia Zagato, Lotus Elan, Porsche 911, Datsun 260 Z, Renault Alpine A310 etc. Pour l’anecdote, dans « Herbie : Fully Loaded », notre VW tente la compétition en NASCAR et est confrontée aux Dodge Stratus, Chevrolet Monte-Carlo, Pontiac GTO et autres Ford Taurus dans leur version « châssis tubulaire ». No comment.
Lorsqu’on entend Si
mon et Garfunkel chanter « And here is to you, Mrs Robinson, Jesus loves you more than you will know, wow wow wow, yeh yeh yeh », on ne peut s’empêcher de penser à Benjamin « Ben » Braddock (Dustin Hoffmann) installé au volant de son Alfa Romeo Duetto Spider 1966 rouge dans « The Graduate » (1967, réalisé par Mike Nichols, « Le Lauréat » en français), tentant de rejoindre Elaine, de qui il est amoureux. Mettant en scène un jeune diplômé de l’université (Ben) devenant l’amant de la femme d’un ami d’affaires de son père (Mrs Robinson, incarnée par Anne Bancroft), le film a défrayé la chronique chez les américains puritains de l’époque. Tombé amoureux d’Elaine, la fille de Mrs Robinson, il plaque alors sa maîtresse plus âgée, qui révèlera l’histoire à leur entourage et plongera le jeune Braddock dans une situation bien embarrassante. L’actrice italo-américaine Anne Bancroft décède le 6 juin 2005 des suites d’un cancer de l’utérus.
En 1985, Robert Ze
meckis produit « Back To The Future », premier film de la trilogie bien connue mettant en scène un étudiant des sixties assez banal (Marty McFly, incarné par Michaël J. Fox) et son curieux ami le Docteur Emmett Brown (« Doc », interprété par Christopher Lloyd). McFly sillonnera le passé et l’avenir à bord d’une DeLorean DMC-12 transformée par « Doc » en machine à traverser le temps. Avec le plein d’anecdotes à la clef.
Lorsque Jake Blues (John Belushi) sort de prison, son frère Elwood (Dan Aykroyd) et lui rendent visite à l’association chrétienne qui les a élevés. L’orphelinat ayant perdu le soutien financier de l’Eglise, « The Blues Brothers » (1980, réalisé par John Landis) tentent – en onze jours – de refor
mer leur groupe de blues et de donner des concerts afin de rassembler les cinq mille dollars nécessaires au payement de taxes foncières et ainsi éviter la disparition de leur « institution ». Tout au long de cette « Mission From God » pleine d’embûches, Jake et Elwood se déplacent dans Chicago au volant d’une Dodge Monaco Sedan 1974 noir et blanc achetée à la Police de Mount Prospect. On retrouve dans ce film très mouvementé une belle brochette d’acteurs-chanteurs-musiciens vedettes tels James Brown, Ray Charles, Aretha Franklin, John Lee Hooker ainsi que Cab Calloway conduisant un curieux véhicule funéraire, une Cadillac S&S « flower car » noire, fabriquée sur un châssis rallongé et exclusivement par la firme Hess & Eisenhardt. A noter également la présence d’une Cadillac Fleetwood 1967 rose foncé « taguée » au nom des Blues Brothers. L’acteur John Belushi meurt le 5 mars 1982 d’une overdose accidentelle.
Dans « La Dolce Vita » (1960, de Federico Fellini, Pal
me d’Or à Cannes), un reporter romain (incarné par Marcello Mastroiani) mène une vie de playboy, et découvre, en suivant la vie scandaleuse des stars, le doux monde de la haute société. L’histoire se déroulant à la fin des fifties à Rome, on y retrouve de nombreuses voitures populaires (Autobianchi Bianchina, Fiat 500 Topolino, 1100 et 1400, Alfa Romeo 1900…) ou de prestige (Ford Thunderbird 1958, Cadillac Series 62 1958, Chevrolet Corvette 1958, Jaguar XK150 1957, Lancia Flaminia…) ainsi que la Triumph TR3A 1959 conduite par le beau Marcello. Marcello Mastroiani décède en 1996 des suites d’un cancer du pancréas.
Dans le violent « Heat » (1995, de Michael Mann, avec Al Pacino, Robert De Niro et Val Kil
mer), on aperçoit furtivement une belle Mercury Cougar Coupé 1968 rouge brique sur un parking lors du braquage de la banque. Un des gangsters possède une Chevrolet Camaro jaune des seventies.
Quant au classique des classiques (« The Godfather », 1972, de Mario Puzo et Francis Ford Coppola),
mettant en scène les Corleone, une famille mafieuse italienne de New York, il propose naturellement la panoplie traditionnelle des grosses américaines de l’époque (Buick, Cadillac, Chrysler, Imperial, Packard et Lincoln) dont la Chrysler Imperial Crown 1954 noire de Don Vito Corleone (Marlon Brando) et la Lincoln Continental 1941 noire de Santino Corleone (James Caan), ainsi qu’un époustouflant coupé Alfa Romeo 6C 2500 1946, noir également.

Le cas Batman
Sujet très particulier à traiter que le cas de Batman… Super héros existant depuis plus de 50 ans, Bruce Wayne, le justicier à l’emblème de chauve-souris, a possédé divers véhicules plus surprenants les uns que les autres. Pièce incontournable, la Batmobile a connu différents visages. Dans les « comics » des années 40, Batman utilise une puissante berline américaine noire de marque inconnue. Dans les épisodes projetés de 1966 à 1968 sur les petits écrans américains, Batman (alors incarné par Adam West) poursuit les méchants (« The Joker », «  The Riddler » et « The Penguin ») dans Gotham City en utilisant un concept car Lincoln Futura 1955 construit par Ghia et modifié par George Barris. Propulsée par un moteur Ford de compétition à double turbo de 429 c.i., cette auto est équipée de gadgets surprenants: systèmes anti-vol, téléphone, caméras, siège éjectable commandé à distance, écran pare-balles, parachutes pour freiner la course de l’engin, laser, « ouvre-boîte », divers outils de détection etc. Quelques exemplaires de ce monument furent construits dont trois sont en la possession de George Barris himself. Seul le premier exemplaire repose sur un châssis de Futura, les autres ayant été construits sur des châssis un peu rallongés. Environ 25 répliques ont été construites, variant par leur taille et les matériaux utilisés.
En 1989, pour la première fois au cinéma, Batman (incarné par Michael Keaton) utilise une énorme voiture à réaction. Cette auto fut légèrement modifiée pour « Batman Returns » (1992) et « Batman Forever » (1995, Val Kilmer remplaçant Michael Keaton). Batman a également utilisé d’autres engins tels le Batboat, le Batcopter ou le Batcycle.

Les comédies françaises

Sans vouloir relater la part belle faite aux populaires françaises des fifties, sixties ou seventies dans le cinéma de Michel Audiard, Gérard Oury, Jean Girault, Claude Zidi, Georges Lautner et autres André Hunnebelle pour ne citer qu’eux, les films comiques français – comme on les appelle fréquemment – ont connu dans leur distribution quelques voitures qui ont marqué.
Chronologique
ment, en voici quelques exemples…
Dans « Le cave se rebiffe » (1961, de Gilles Grangier et Michel Audiard, tourné initiale
ment en noir et blanc), « Le Dabe » (Jean Gabin) et ses sbires (Franc Villard, Robert Dalban et Bernard Blier) projettent de fabriquer de la fausse monnaie en utilisant un « cave » imprimeur nommé Robert Mideau (Maurice Biraud). A cette époque, ce genre de « classe sociale » se déplace surtout en américaine. On retrouve donc – parmi d’autres – une Cadillac Eldorado Biarritz 1955-56 et surtout la Ford Thunderbird 1956 conduite par « Le Dabe » à la fin du film. Jean Gabin meurt d’une crise cardiaque en 1976 à l’âge de 72 ans.
De 1964 à 1967, Jean Marais (dans les rôles de Fanto
mâs et du journaliste Fandor) et Louis de Funès (le Commissaire Juve) interprètent la trilogie des Fantomâs (d’André Hunnebelle). Dans le premier film, on retrouve une Cadillac Series 60 Special 1950 noire escortée par la police, une superbe BMW 507 1959 grise pilotée par Fandor, la Citroën DS 19 1963 noire de Juve et la Rolls-Royce Silver Cloud III 1964 de Fantomâs dévalisant une banque parisienne de façon subtile.
Dans « Fanto
mâs se déchaîne » (1965), une de attractions du film est pour sûr la Citroën DS 19 1964 blanche qui se transforme en avion à la fin du film et qui permet à Fantomâs d’échapper à Juve. A noter également l’Alfa Romeo 2600 Spider 1964 rouge d’Hélène, la fiancée de Fandor (Mylène Demongeot).
Lorsque Fanto
mâs s’attaque à des écossais fortunés (« Fantomâs contre Scotland Yard », 1967), Juve est appelé à la rescousse en Ecosse. A retenir, la Rolls déjà vue dans le premier film et la Ford T pré-1919 jaune du curieux Godfrey. Jean Marais meurt d’une crise cardiaque en 1993 à l’âge de 85 ans.
En 1966, Lautner et Audiard s’associent et produisent « Ne nous fâchons pas ». Au pre
mier plan, on remarque une Renault R8 Gordini 1964 menée de cascade en cascade par l’armateur et ancien escroc Antoine Beretto (Lino Ventura) et, à ne pas mettre de côté, la Chevrolet Impala Coupé 1960 noire de deux vilains hommes en noir (incarnés par André Pousse et Mick Besson). Lino Ventura est = foudroyé par une crise cardiaque en 1987. Il avait 68 ans.
En 1967, Robert Dhéry réalise et interprète « Le Petit Baigneur »,
mettant en scène l’incomparable Louis De Funès dans le rôle du constructeur de bateaux Louis-Philippe Fourchaume, son ingénieur naïf André Castagnier (Robert Dhéry lui-même) et un bel âtre italien (intérprété par Franco Fabrizi) tentant de s’approprier les services de Castagnier, devenu un inventeur vedette malgré lui. Côté autos, rien que du bon: Fourchaume roule en Jaguar Type E Coupé Série 1 1964 noire (dont le capot s’allongera d’une façon on ne peut plus comique) tandis que l’Italien conduit une superbe Fiat Dino Spider 2000 1966 bleue. Castagnier quant à lui se contente d’un modeste scooter Piaggio Vespa rouge et blanc.
Dans « Le Cerveau » (1969, de Gérard Oury), il faut souligner la présence de la belle BMW 2000 CS 1968 jaune
moutarde de Sofia Scanapiecco (incarnée par Silvia Monti). Lors d’un rendez-vous galant avec le Colonel Matthews – un gentleman voleur incarné par David Niven « Le Cerveau » –, une des 2 antennes électriques de l’auto vient déchirer le gilet du bandit Frankie Scannapieco (Eli Wallach) épiant sa sœur et son amoureux, l’autre antenne forçant Anatole (Bourvil) – surveillant quant à lui le colonel Matthews sur l’ordre d’Arthur (Jean-Paul Belmondo) – à enlever sa veste. David Niven décède en 1983 des suites de la Maladie de Lou Gehrig (dégénérescence des cellules du cerveau commandant bras, jambes, élocution et respiration).
Michel Clé
ment est « L’Inspecteur la Bavure » (1980, de Claude Zidi). Aussi maladroit que tendre, totalement inexpérimenté, ce jeune policier (incarné par l’excellent Coluche) est chargé d’escorter une jeune et riche journaliste (interprétée par Dominique Lavanant). Il utilise comme véhicule de tous les jours une Panhard PL17 1959-64 bleu ciel tandis que le bandit Roger Morzini (Gérard Depardieu) – qui kidnappera la journaliste – roule dans une belle BMW 3.0 S 1971-77 blanche. Coluche (Michel Colucci) décède le 19 juin 1986 à 41 ans dans un stupide accident de la circulation alors qu’il était au guidon de sa moto et qu’il roulait à faible allure. Pour l’anecdote, en 1985, Coluche avait battu le record du kilomètre lancé à moto sur le circuit italien de Nardo sur une Yamaha 750 OW 31 et à la vitesse de 252,087 km/h.
Dans la catégorie des « avant-guerre », épinglons trois belles voitures en action dans « L’As des As » (1982, de Gérard Oury): une Mercedes-Benz 540K (replica) blanche, une Mercedes-Benz 770 Touren Wagen W150 1935 noire et une BMW 328 Wendler Sport 1936-39. Dans le fil
m, le boxeur Jo Cavalier (Jean-Paul Belmondo) tente de sauver une famille juive de la déportation.

Grandes marques et modèles cultes, pour la plupart américains
Des fifties au seventies, l’Amérique est productrice de coupés et cabriolets de grande série, dont certains sont considérés – malgré leur nombre d’exemplaires important – comme des pièces représentatives de l’histoire de l’automobile, souvent à juste titre. Qu’ils soient muscle-cars ou pas, en bon état ou pas, ces modèles furent souvent usités au cinéma.
Pour la
marque Pontiac, les modèles GTO et Firebird sont les plus représentés.
En 2002, Rob Cohen tente de faire oublier Ja
mes Bond en réalisant « xXx », mettant en scène Vin Diesel dans le rôle de l’agent « triple X » Xander Cage. Egalement interprété par Samuël L. Jackson, le film fut loin d’avoir le succès escompté. Notons malgré tout la présence de la Pontiac GTO Coupé Hard-Top 1967 vert foncé en version « drag » de Xander Cage. On retrouve le même modèle/millésime mais en version convertible dans « Charlie’s Angels – Full Throttle » (2003).
Dans la récente version de « The Punisher » (2004, de Jonathan Hensleigh, l’histoire étant basée sur les co
mics de Marvel), l’agent spécial Frank Castle (incarné par Thomas Jane) devient justicier après que toute sa famille ait été exterminée par une puissante famille de trafiquants lors d’une réunion de famille à Puerto Rico. Ayant survécu au carnage, une fois rétabli, Castle part en guerre contre ladite famille Saint, dont le fils avait été abattu lors de la dernière mission de Castle. Dans le film, le héros utilise une Pontiac GTO 1969. Une AC Cobra Shelby vert foncé et une Plymouth Road Runner de couleur « lime » sont également à signaler.
Dans « The Devil’s Advocate » (1997, de Taylor Hackford), Keanu Reeves (alias Kevin Lo
max) incarne un brillant avocat recruté par le puissant homme d’affaires John Milton (Al Pacino). Véritable incarnation du diable, Milton fait perdre la tête à Lomax et à sa superbe épouse Mary Ann (Charlize Theron). Lomax possède une tout aussi superbe Pontiac Firebird Convertible 1968 bleu-vert.
Toujours avec Keanu Reaves, « The Matrix Reloaded » (2003, de A. et L. Wachowski) propose quelques poursuites et cascades, l’une d’entre elles i
mpliquant un Pontiac Firebird Coupé 1967 noire de très belle facture.
Une plus récente Pontiac Firebird SE 1985 est utilisée par « The Bride » (U
ma Thurman) dans « Kill Bill Vol. 2 » (2003, de Quentin Tarantino). On peut également y apercevoir une magnifique et rare De Tomaso Mangusta 1967-71 en background dans le désert, aux côtés de Bill (David Carradine).
Curieuse
ment, ce n’est pas la Corvette – une des voitures de sport américaines par excellence – qui est la plus utilisée des Chevrolet au cinéma, mais plutôt les modèles Camaro et Impala.
Dans « After The Sunset » (2004, produit par Brett Ratner), Pierce Brosnan (alias Max Burdett, un voleur à la retraite) roule dans une très belle Chevrolet Ca
maro SS Convertible 1969 noire alors que dans « Charlie’s Angels » (2000), Cameron Diaz (alias Natalie Cook) a le privilège de conduire une rare Chevrolet Camaro SS Convertible 1969 « Indy 500 Pace Car » blanche à bandes rouges dont 3675 exemplaires seulement furent produits.
Moins sportive, l’I
mpala ne manque cependant pas de charme. Déclinée en sedan, coupé et même en convertible, on la retrouve dans de nombreux films américains, souvent dans des rôles de figurante.
Par
mi de nombreuses autres Chevrolet, c’est une Impala Coupé 1958 blanche qui est plus que mise en valeur dans l’excellent « American Graffiti » de George Lucas (1973), mettant en scène des étudiants un peu rebelles cherchant véritablement leur voie (avec Richard Dreyfuss, Ron Howard, Harrison Ford et Bo Hopkins).
En 1983, Brian De Pal
ma produit le remake de « Scarface », avec en vedette Al Pacino dans le rôle du truand cubain émigré Tony Montana s’étant établi à Miami pour y dealer de la drogue à grande échelle. On retrouve fréquemment dans le film une Impala Convertible 1968 rouge.
Cherchant désespéré
ment l’ « American Dream » à fortes doses d’alcool et de drogue dans « Fear and Loathing in Las Vegas » (1998, sorte de road-movie de Terry Gilliam), Raoul Duke/Hunter S. Thompson (Johnny Depp) et Dr Gonzo/Oscar Z. Acosta (Benicio Del Toro) traversent l’Amérique de l’Ouest afin de rejoindre Las Vegas pour soi-disant y couvrir un événement sportif. Ce, à bord de leur superbe Impala Convertible 1971 rouge dénommée « The Red Shark ».
Au ciné
ma, la marque Lincoln fut et est souvent représentée par sa célèbre Continental et ses fameuses portières latérales s’ouvrant face à face. Les rubriques précédentes relatant d’ailleurs la présence de ce modèle çà et là. Ajoutons à cela la Continental Limousine Convertible 1962 dans laquelle parade le président Kennedy avant d’être abattu (Film: « JFK », 1991, d’Oliver Stone, avec Kevin Costner dans le rôle de Jim Garrison, un policier tentant dangereusement de comprendre « autrement » par qui et pourquoi le président a été assassiné), et la Continental Convertible 1966 de « Finding Graceland » (1998, road movie de David Wrinkler) dans lequel un voeuf nommé Byron Gruman (Jonathan Schaech) quitte le Nouveau Mexique pour rejoindre Memphis. Sur son chemin, Gruman prendra en stop un curieux auto-stoppeur se prenant pour Elvis (Harvey Keitel) et n’ayant qu’un but: rejoindre Graceland.
Si de no
mbreux modèles de Ford apparaissent forcément dans de nombreux films – par exemple, la Falcon Convertible 1962-63 de Rusty Ryan (Brad Pitt) dans « Ocean’s Eleven » (2001, de Steven Soderbergh), les Galaxie Convertible 1965 et Galaxie 500 XL Convertible 1966 dans « The Long Kiss Goodnight » (1996, de Renny Harlin), les Hot Rod’s avec notamment la 1932 et la Custom 1937 dans « American Graffiti », et la 1948 dans « Grease » (1978, de Randal Kleiser), ainsi que des T-bird de toutes sortes, la vraie vedette qu’on retrouve partout est sans aucun doute la Mustang.
Co
mme au moins 100 films contiennent la belle américaine – sous toutes ses formes – dans leur distribution, vous trouverez ci-dessous une liste forcément incomplète reprenant quelques chefs d’œuvre incontournables. La Mustang étant apparue en 1964, la firme Ford a dû s’ouvrir aux marchés français et européen et a utilisé le merchandising. Pour ce faire, la sportive américaine est visible des certains films français « forts ».
En 1966, Claude Lelouch
met en scène « Un homme et une femme » (Palme d’Or à Cannes en 1966, Oscar du meilleur film étranger et du meilleur scénario en 1967), magnifique romance entre Anne Gauthier (Anouk Aimée) et Jean-Louis Duroc (Jean-Louis Trintignant). Dans le film, les amoureux, tous deux veufs, se baladent dans une superbe Mustang Convertible 289 GT rouge intérieur noir de 1965. Présents également dans le film, un Coupé 1965 High Perf blanc préparé pour la course, ainsi qu’une GT 40 blanche.
On retrouve encore un
modèle de cabriolet rouge similaire – mais de 1964 – deux ans plus tôt dans « Le Gendarme de Saint-Tropez » (1964, de Jean Girault), dans le coffre duquel se trouve un tableau de Renoir volé. Le pauvre Maréchal des Logis Ludovic Cruchot (Louis De Funès) aura toutes les peines du monde à gérer cette situation cocasse. En 1968, dans « Le Gendarme se marie » (toujours de Jean Girault), la future épouse de Cruchot – Josepha Le François (incarnée par Claude Gensac) – conduit bien imprudemment une Mustang Convertible 1968 blanche.
Le psychopathe Max Cady (Robert De Niro) se présente à son ex-avocat (Nick Nolte) au volant d’une Mustang Convertible 1965 rouge (encore une),
mais intérieur blanc cette fois, dans « Cape Fear » (1991, de Martin Scorcese), et lui promet de lui faire vivre l’enfer.
On retrouve égale
ment des Mustang dans les films de James Bond. Dans « Goldfinger », la Mustang Convertible 1964 blanche de Tilly Materson (incarnée par Tania Mallet) fait connaissance avec les scies circulaires de l’Aston DB5 de Bond. Dans « Thunderball » Fiona Volpe (interprétée par Luciana Paluzzi) ramène 007 à son hôtel à bord de sa Mustang Convertible 1965 bleu ciel à capote blanche. Et Tiffany Case (interprétée par Jill St. John) prend Bond comme passager à Las Vegas dans sa Mustang Mach 1 1971 rouge dans « Diamonds Are Forever ».
Les fil
ms à thème « Gone in 60/Sixty Seconds », que ce soit version originale de 1974 (de et avec H.B. Halicki) ou le remake de 2000 (de Dominic Sena) font la part belle aux voitures de rêve. Ceci sera relaté un peu plus loin. Dans les 2 cas, la vedette du film se prénomme Eleanor et est une Mustang. Dans le film original, il s’agit d’une Mustang Fastback 1971 d’une couleur jaune/beige assez curieuse, maquillée – pour les besoins du film – afin de ressembler à une Mach 1 1973! Dans le remake, on a affaire à une superbe (réplique de) Shelby GT 500 1967 que Randall « Memphis » Raines (Nicolas Cage) doit absolument voler pour sauver la peau de son frère Kip (Giovanni Ribisi).
Dans « Vanilla Sky » (2001, de Ca
meron Crowe), Tom Cruise (alias David Aames) a tout pour réussir sans trop forcer. Riche, ami d’une grande et belle blonde avec qui il a du sexe de temps en temps (Cameron Diaz), il devient amoureux d’une belle brune (Penelope Cruz), et sa vie se transforme en cauchemar et incertitudes. Il roule au volant d’une copie de la plus célèbre de toutes les Mustang, co-vedette d’un super polar de 1968, avec qui nous terminons ce chapitre. A noter, l’intéressant coupé Buick Skylark GS 350 1970 piloté par Cameron Diaz herself.
Dans « Point Break » (1991, de Kathryn Bigelow), l’agent spécial Johnny Utah (Keanu Reeves) est chargé d’enquêter sur un gang de voleurs dont l’activité principale est le surf . Au début du fil
m, il débarque en Californie à bord de son Coupé Mustang Boss 1970.
En 1993, Alan J.Pakula produit « The Pelican Brief » avec Julia Roberts dans le rôle d’une jeune étudiante en droit tentant de découvrir la vérité à propos du double assassinat de dignitaires de la Court Suprê
me de Justice. Le Professeur Thomas Callahan (incarné par Sam Shepard) meurt de l’explosion de son Coupé Mustang 66 rouge foncé.
Ter
minons en beauté. En 1968, Peter Yates met en scène un des meilleurs films policiers américains de tous les temps: « Bullitt », du nom du Lieutenant Frank Bullitt (interprété par l’époustouflant Steve McQueen), policier à Frisco, chargé de protéger un témoin capital à la  demande de la grosse légume politique locale, Walter Chalmers (Robert Vaughn). Le témoin sera assassiné et Bullitt tentera de trouver les coupables ainsi que la ou les personnes ayant renseigné les tueurs sur l’endroit où était planqué le témoin. Mémorable est « la » poursuite engagée par Bullitt à bord de sa légendaire Mustang Coupé Fastback 390 1967 vert foncé, prenant en chasse les tueurs fuyant à bord d’une Dodge Charger 1968 noire. Inimitable.
Steve McQueen
meurt en 1980, à l’âge de 50 ans, des suites d’un arrêt cardiaque quelques heures après l’ablation d’une tumeur cancéreuse au poumon.

Les films à thème

Clôturons ce dossier assez touffu en données avec une dernière rubrique consacrée aux films spécifiquement dédicacés aux autos et à la compétition automobile dans la plupart des cas ? Ce, chronologiquement et sans trop entrer dans le détail, les scénarii de cette catégorie de films n’étant en général pas très poussés.
Dans la co
médie musicale (!) « Viva Las Vegas » (1964, de George Sydney), un jeune pilote de course nommé Lucky Jackson (Elvis Presley) doit participer au Grand Prix de Las Vegas. Sa voiture n’étant pas des plus fiables, il se doit de récolter de l’argent afin de lui procurer un nouveau moteur. La voiture du King n’est autre qu’une Elva Mk VI 1962 grise. Parmi les autres concurrents, on retrouve entre autres une Ferrari 250 GT Tour De France 1956-59 rouge, une Maserati Tipo 63 1960 blanche, une Mercedes 300 SL Roadster 1957-63 bordeaux, des Corvette, des Jaguar et la très spécifique Balchowsky Ol’ Yeller Mk II 1959 jaune et noire à moteur Buick. L’Elva est amenée à Las Vegas sur un plateau, la voiture tractant la remorque étant une Ford Fairlane Sunliner 1956 blanche « à flammes rouges ». Elvis Presley meurt le 16 août 77 suite à de l’arythmie cardiaque. Il avait 44 ans.
« Grand Prix » est produit en 1966 par John Frankenhei
mer. Mettant aux prises deux pilotes de l’équipe Jordan-BRM (James Garner alias Pete Aron) et (Brain Bedford alias Scott Stoddard), tout bascule lorsque Aron et Stoddard s’accrochent lors du Grand Prix de Monaco. Stoddard gravement blessé, le directeur de l’écurie met Aron à l’écart, ce dernier retrouvant du travail dans un team japonais. Aron tombera petit à petit amoureux de la femme de Stoddart (incarnée par Jessica Walter) pendant la convalescence de ce dernier alors que d’autres pilotes (dont un interprété par Yves Montand) défrayent la chronique par leurs affaires amoureuses. Présentes dans le film, des F1 de l’époque telles Ferrari 312, Lotus 16 et BRM, ainsi qu’une belle Shelby 350 GT 1965 et une Ferrari 330 GTC 1966.
Véritable gouffre financier ayant nécessité l’intervention financière de l’acteur principal hi
mself, « Le Mans » (1971, de Lee H. Katzin) est un film documentaire sur la plus prestigieuse épreuve d’endurance du monde: les 24 Heures du Mans. Opposant Porsche à Ferrari, le scénario est simple: le héros, Michael Delaney, interprété par Steve McQueen, est pilote Porsche. Il a été impliqué l’année précédente dans un fait de course ayant entraîné le décès d’un pilote Ferrari. Il doit écarter ses vieux démons et contribuer à ce que Porsche remporte le bras de fer face à Ferrari. Superbement filmé lors de l’édition 1970, ayant réclamé la participation de pilotes de renom tels J. Ickx, D. Bell, J. Barth, V. Elford, M. Gregory, G. Larrousse, T. Pilette, D. Piper (ayant perdu une jambe lors du tournage), J. Siffert etc., on a droit à une fabuleuse panoplie de bolides de l’époque: Porsche 914, Porsche 917, Ferrari 512 S, Ferrari P4, Alfa Romeo 33, Ford GT 40, Matra MS 650, Porsche 911, Chevrolet Corvette etc. Un bon film pour amateurs avertis.
Dans un registre plus a
mateur, la série des films « Cannonball » propose diverses brochettes de belles autos participant pour la plupart à cette grande course officieuse sur routes ouvertes à travers les Etats-Unis. Dans « Cannonball » (1976, de Paul Bartel, avec David Carradine), on trouve – pour ne citer que les plus intéressantes – une Dodge Charger R/T 1968 noire, une De Tomaso Pantera « L » 1973-74 jaune et une Pontiac Trans-Am 1970 rouge. Dans « The Cannonball Run » (1981, de Hal Needham, avec Burt Reynolds, Roger Moore et Farrah Fawcett), on a droit entre autres à une Aston Martin DB5 1964 grise, une Ferrari 308 GTSi 1980-85 rouge, une Rolls Royce Silver Shadow I 1965-77 et une Lamborghini Countach LP 400 S 1982 noire. Les deux autres films qui ont suivi sur le même thème sont du réchauffé.
Ne parlons pas de « RPM » (1998, de Ian Sharp) qui est vrai
ment à qualifier de mauvais film (même si on peut y voir de superbes machines), et finissons-en avec le plateau mécanique de « Gone in 60 seconds » dans sa version originale de 1974. Si le scénario du film est réduit à sa plus simple expression puisqu’il met en scène un homme inspecteur en assurance le jour et voleur de voitures de luxe et de sport la nuit, la liste de belles autos est à couper le souffle, avec par ordre alphabétique: Cadillac Coupé DeVille 1963 et 1964, Cadillac Eldorado 1971, Chevrolet Vega 1971, Chevrolet Corvette décapotable 1971, Citroën SM version US 1971-73, De Tomaso Mangusta 1967-71 et Pantera 1971-75, Dodge Charger 1972 et Challenger 1973, Ferrari 365 GTB/4 Daytona 1968-73, Ferrari 340 America 1951-52, une rare Intermeccanica Italia GFX 1968-72, Jensen Interceptor Mk III 1973, Lamborghini Miura 1967, Lotus Europa S1 1966, Maserati Ghibli Coupé 1966-73, Mercury Montego 1970, Oldsmobile Cutlass 1963, Plymouth Barracuda 1972 et Road Runner 1972 etc. Impressionnant, n’est-ce pas?

 

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